La Radio a de l’avenir.

Même si il est bien connu que les cimetières sont plein de gens qui étaient bien portant avant d’être malade (ou simplement vieux), c’est de l’existence de la Radio dans sa forme actuelle dont il est question ici, et non de son éventuelle disparition. Gardez vos chrysanthèmes !
La patiente Radio, sans pour autant nécessiter un placement en service gériatrique, est néanmoins sous observation.
Un constat !
Le publique reste très attaché au média radio. Au mois de mai dernier TNS réalisait pour le compte d’RTL une étude de perception (15-64 ans / Belgique francophone. Source: PUB.be) qui révèle que la radio est le deuxième média incontournable juste derrière la télévision et devant l’Internet.
On pourrait s’arrêter là et dire que tout va bien. D’autant qu’à la question posée « Pour chacun des médias cités, pouvez-vous indiquer dans quelle mesure il vous manquerait s’il venait à disparaitre ? » 82% des belges francophones répondent « la radio » contre 78% en 2005, alors que la télévision passe de 89% à 87% en 2010.

Et le web dans tout ça ? L’attachement au nouveau média est celui qui progresse le plus, passant de 64 à 76% en 5 ans.

Arithmétiquement parlant et si la tendance se confirme, dans 5ans la télévision, la radio et l’Internet se retrouveront à égalité dans le coeur du publique.
La bonne nouvelle (enfin, pas pour tout le monde) c’est que la Radio n’est pas en désaveux et n’est donc pas relégué au classement des médias dont on se passerait le plus facilement (p.ex. la presse magazine).

La véritable révolution qu’il faut absolument réussir se situe donc au niveau de la convergence entre la radio et le web et non a la résistance de l’une par rapport à l’autre. Il faut comprendre et anticiper les modifications des habitudes de consommation de ces deux médias.

Premier écueil: la radio musicale (et les moins de 30 ans).
Ne nous mentons pas. La radio musicale telle qu’elle s’est développée jusqu’à aujourd’hui est, dans la majorité des cas, une dérive ‘fainéante‘. De média de découvertes (et alternative au censorial monopole des radios d’états) la radio musicale (« pirate », « libre » et enfin privée) est devenue au fil du temps un  jukebox consensuel et outil de séduction à bon marcher. C’est le système et il « marche ». (On notera au passage que de nos jours il y a souvent plus de découverte et d’innovation sur certaines antennes du service public que sur celles du secteur privé. La roue tourne.)
Les programmateurs (à l’exception que quelques audacieux au nez creux) ne prennent plus le risque de perdre des parts de marcher. Pour proposer quelque chose de novateur il faut que ça fonctionne déjà ailleurs… sur le Web par exemple !
C’est donc naturellement là que le mélomane fait maintenant son marcher: à la source. Il devient son propre programmateur/diffuseur en consommant SA musique par d’autre moyen (le baladeur mp3).
Soyons clair, si ce mouvement est en marche il est encore loin de faire l’unanimité. La radio musicale a encore de beaux restes et offre ce qu’aucun iPod ne pourra délivrer: le petit supplément d’âme et la gratuité.
Si cela suffit à contenter une catégorie d’auditeurs, la Radio, et c’est heureux, n’est pas que musicale. Pour bon nombre d’entre nous la vrai Radio est encore celle qui nous parle. C’est particulièrement vrai le matin. (Bon nombre de radios réalisent la majeure partie de leurs audiences avant 10 heures). C’est probablement cette forme de radio là qui justifie encore le direct et que l’auditeur lambda ne voudra pas lâcher.
Le reste du contenu, si il est de qualité, est consommable sous une autre forme: la catch-up radio (où radio de rattrapage).

La Radio est devenue une grosse podcasteuse !
Au mois de septembre 2010 Europe 1 a été la radio la plus podcastée avec 4,48 millions de téléchargements ; un record historique pour cette jeune étude réalisée par MédiaMétrie. France Inter est deuxième avec 3,7 millions de téléchargements (A elle seule l’émission 2000 ans d’histoire a comptabilisé 1,23 million de téléchargements). RTL suit avec 2,88 millions de podcasts téléchargés. (source OZAP.COM)
Même si certains de mes confrères considèrent que ce n’est plus vraiment de la radio (et que ce n’est pas notre métier sic), je ne crois pas me tromper en disant que ceux qui téléchargent et écoutent ces contenus sont bien… des auditeurs !
On peut appeler ça comme on veut mais on notera au passage que ce mode de consommation répond à deux fondamentaux de la radio: elle n’exclut pas l’usage de nos autres sens et sous sa forme ‘moderne’ (après le début des années 50) elle est mobile ou portable si vous préférez (avec l’aide des inventeurs du transistor en 1947). Ce sont ces deux éléments qui lui ont permis de survivre après l’arrivée de la télévision.

La radio de rattrapage ne remplacera évidemment pas la radio telle que nous la connaissons. Par contre elle permettra aux professionnels de continuer à toucher le publique là où il aura décidé de se trouver. Le podcasting ne date pas d’hier et les médias traditionnels n’en n’ont pas le monopole. Mais force est de constater que c’est la puissance du média radio (et dans certains cas la qualité du contenu proposé) qui a promu le podcast auprès d’une plus large audience. De plus, comme les podcasteurs de la première heure, les radios vont bientôt (si ce n’est déjà le cas) produire des contenus spécifiques à ce type de diffusion, augmentant d’autant la diversité de contenu.

Les métiers de la radio évoluent en coulisse depuis une dizaine d’année (e.a. avec l’arrivée du numérique dans les studios) mais pour l’auditeur rien n’est réellement perceptible. Ça risque fort de changer… en bien !

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